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Relire les grands économistes du passé pour éclairer les enjeux actuels de la croissance : pour un syncrétisme de bon aloi

Albert MAROUANI
Université de la Côte d’Azur
marouani[AT]unice.fr

On ne compte plus aujourd’hui les textes (articles et ouvrages) sur la croissance économique.6 Beaucoup de points de vue originaux et différents ont été exposés ces dernières années. Nous avons pour notre part fait le choix de « relire » quelques grands auteurs des théories de la croissance et du développement pour jeter sur la « réalité » présente un regard dont la seule originalité est d’être volontairement et résolument « syncrétique ».

La crise financière des  subprimes  de  2007-2008  qui  n’en  finit  pas  de  se prolonger, à un point tel que l’on a évoqué la possibilité d’un « ralentissement séculaire » de la croissance (L. Summers), a focalisé l’attention des économistes sur les dysfonctionnements de la finance internationale et la nécessité de sa régulation supranationale pour espérer retrouver les sentiers d’une croissance plus régulière, si ce n’est plus vertueuse. Dans les années qui ont suivi cette crise, on a pu croire à un consensus sur la nécessité d’une régulation de la finance internationale, mais les tentatives de régulation supranationale et de contrôle international des activités financières et des acteurs de la finance (banques notamment) sont restées plutôt vaines en dépit des « accords de Bâle » successifs. Cela tient selon nous principalement, à l’absence d’un consensus théorique sur la nécessité d’une régulation financière qui irait à l’encontre des supposées « lois naturelles du marché ». En d’autres termes l’idéologie néo- libérale et les politiques macroéconomiques qui lui sont associées restent toujours tenaces, du moins au niveau des décideurs politiques, en dépit des crises qu’elles ont engendrées, ou à tout le moins qu’elles n’ont pas su éviter.

Le débat se focalise donc aujourd’hui sur les mesures de politique macroéconomique conjoncturelle (monétaires et budgétaires au sens large) susceptibles de favoriser le retour à une croissance plus vigoureuse. On observe, de manière plutôt schématique, que les économistes de l’offre (néo-classiques et libéraux) et les économistes de la demande (keynésiens et interventionnistes) s’affrontent avec plus ou moins de conviction, sans parvenir à convaincre et à orienter de manière tranchée ni la société civile, ni les décideurs politiques en  charge  des  politiques  économiques  publiques.    Je  propose  ici  quelques pistes d’une réflexion théorique syncrétique large et sans apriori idéologique. Il ne s’agit pas de poser les bases d’une méta théorie de la croissance, mais de soulever de manière non exhaustive quelques questions structurelles d’ordre systémique présentes dans le monde actuel, mais qui ont déjà été abordées par les « grands » économistes du passé.