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RATIO OPTIMAL DE LA GARANTIE DE CRÉDIT

Cheikh Tidiane ndour
Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal ndourse@outlook.com

mouhamadou bamba diop
Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération du Sénégal
Direction Générale de la Planification et des Politiques Economiques, Sénégal

Résumé :
La mise sur place d’un fond de garantie est une option permettant aux États d’assurer un financement pérenne des Petites et Moyennes Entreprises (PME). L’asymétrie d’information entre les préteurs et emprunteurs et l’absence de garantie sont entre autre les principales causes du rationnement du crédit. Dans cet article, on s’intéresse, dans un premier temps, aux facteurs qui explique le ratio optimal de la garantie de crédit. L’analyse des résultats du modèle théorique montrent que le niveau de la garantie optimale dépend de l’objet du gouvernement en termes de cible de crédit, de la stabilité financière des banques et de l’environnement économique. En outre, à partir d’un Modèle vectoriel à Correction d’erreur, nous avons cherché la réponse du risque de défaut de crédit suite à un choc non anticipé de la croissance économique, de la dette publique, du taux d’inflation, de la dispo- nibilité monétaire (masse monétaire), du taux d’intérêt, des prêts des banques et des fonds propres des banques. Les résultats ont montré un effet positif du risque de défaut suite à un choc sur l’inflation, sur la croissance de la masse monétaire. L’effet est négatif suite à un choc sur la croissance économique, des fonds propres, de la dette publique et des prêts.

mots-clés : garantie de crédit, banque.

Jel Classifications : H81, G21.

OPTIMAL RATIO OF CREDIT GUARANTEE IN SENEGAL

abstract : The establishment of a guarantee fund is an option allowing States to ensure sustainable financing for Small and Medium-sized Enterprises (SMEs). The asymmetry of information between lenders and borrowers and the lack of collateral are, among other things, the main causes of credit rationing. In this article, we first look at the factors that explain the optimal ratio of the credit guarantee. The analysis of the results of the theoreti- cal model shows that the level of the optimal guarantee depends on the purpose of the government in terms of credit target, the financial stability of the banks and the economic environment. In addition, from an Error Correction Vector Model, we looked for the credit default risk response following an unanticipated shock of economic growth, public debt, inflation, monetary availability (money supply), interest rate, bank loans and banks’ own funds. The results showed a positive effect of the risk of default following a shock on inflation, on the growth of the money supply. The effect is negative following a shock on economic growth, equity, public debt and loans.

Keywords : loan guarantee, bank.

Introduction

Les Petites et Moyennes Entreprise (PME) jouent un rôle primordial dans les éco- nomies africaines en générale et l’économie sénégalaise en particulier. Il existe un large consensus sur leur impact positif en termes de contribution à la croissance économique, à la création d’emplois, à la réduction de la pauvreté et à l’accroisse- ment des échanges commerciaux (Banque Mondiale, 2008 ; Bass & Schrooten, 2006 ; Beck et al., 2005). Au Sénégal, le segment des PME représente environ 90% du tissu économique (entreprises privées)1. Ils ont contribué à hauteur de 20% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2012 et 33% en 2015. La proportion des emplois créés par les PME est estimée à 40% en 2012 et 42% en 2015. Sur le chiffre d’affaire total national 36% sont fournis par les PME. Ce secteur à forte valeur ajoutée reste caractérisé par la prédominance des activités informelles, des difficultés d’accès à la commande publique et par un taux de mortalité à la naissance élevé de l’ordre de 60%2.

Malgré leurs potentialités importantes, pour le bon fonctionnement de l’éco- nomie, les PME font face à des problèmes d’accès au crédit, liés à des difficultés d’obtention de garantie, auprès des institutions financières. L’enquête réalisée par la Banque Mondiale en 2007, sur un échantillon élargi à 506 entreprises, montre que 19,77% des entreprises sénégalaises ont accès à des sources formelles de finance- ment. Dans ce même sciage, l’étude sur l’évaluation du climat des investissements au Sénégal (2014) fait part d’un ratio d’autofinancement de 71,9% ; ceci est carac- térisé par un faible taux d’épargne intérieure correspondant à 8,1% sur la même période. Le volume total de crédits bancaires accordés aux entreprises s’établit à 2573,4 milliards. Ce montant reste très faible lorsqu’il est comparé à celui de la Corée du Sud, où le secteur bancaire finance 138% du PIB. Le secteur de la micro Direction des PME, accédé en septembre 2016. La Direction des PME, est chargée de mettre en œuvre la politique de l’Etat du Sénégal en matière de développement des PME, d’élaborer la stratégie de promotion et d’encadrement des PME et de contribuer à l’amélioration de l’environnement des PME par la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire, fiscal et financier, de nature à favoriser leur développement.

finance en forte expansion participe faiblement au financement de l’économie ; le volume total de crédits accordés est estimé à 1294 milliard de FCFA, soit 0,40% du PIB. Le montant des collatéraux exigés par les institutions de crédit reste très élevé. Il représente en moyenne plus de 271,7% du montant du crédit sollicité au Sénégal et 55,9% en Côte d’Ivoire. L’absence de garantie constitue 51% des causes de rejets des demandes de crédits des PME. D’une manière générale, le taux global de rejets de ces demandes est estimé à 80%.

Néanmoins, il existe d’importantes réformes mises en œuvre par les autorités publiques pour permettre aux PME sénégalaises de faire face aux contraintes liées au faible accès au financement bancaire. En 2014, on a noté la création d’un Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) qui se fixe comme objectif principal la promotion pour le développement des PME. Entre 2014 et 2015, plus de 8,23 milliards de FCFA ont été investis par le FONGIP. L’agro-industrie et le secteur des textiles sont les principaux pourvoyeurs de ces fonds avec respective- ment 33% et 19%3.

Dans la littérature théorique, il existe une croyance certaine à l’impact positif de la mise en œuvre d’un système de garantie de crédit sur l’accès au crédit formel des PME. Le système de la garantie de crédit existe depuis plusieurs dizaines d’années dans le monde. Il permet de rendre attractif les crédits sollicités en facilitant la mise en place d’un mécanisme de partage de risque lié à l’opération de prêt. La garantie de crédit peut aussi permettre d’augmenter le montant des crédits sollicités en dépit même des contraintes d’existence de collatéral. Il peut, enfin, constituer un bon mécanisme permettant de sectionner et de favoriser les demandes de prêts de qualité (Zander, Miller, & Mhlanga, 2013). De par son efficacité, le système de crédit garanti fait partie des mesures les plus acceptées (Tunahan & Dizkirici, 2012 ; Chan & Sung, 2011).

Le rôle, la performance et l’impact de la garantie de crédit sont les axes les plus examinés dans la littérature (Tunahani & Dizkirici, 2012 ; Saldana, 2000). Cepen- dant, il existe peu de travaux empiriques cherchant les déterminants du ratio optimal de la garantie de crédit, à savoir les facteurs macroéconomiques, les caractéristiques spécifiques aux banques et la politique du gouvernement. Ce papier a pour objectif de déterminer ces facteurs et de voir les éléments les plus significatifs expliquant le risque de défaut de crédit des banques. Parmi les facteurs qui expliquent le ratio de la garantie de crédit figure le risque de défaut. Il s’agira en outre de déterminer l’impact des variables macroéconomiques et des variables relatives à la situation financière des banques sur le risque de défaut de crédit. Nous utilisons une série longue sur la période 1980-2015; les données sont estimées à l’aide d’un Modèle Vectoriel à Correction d’Erreur (MVCE). Les résultats des estimations montrent un impact négatif et significatif d’un choc non anticipé de la croissance économique, du ratio total des prêts sur total des dépôts, des fonds propres de la banque, de la dette publique en pourcentage du PIB et d’un effet positif d’un choc sur la croissance de masse monétaire, sur le taux d’intérêt et sur l’inflation.

La suite de ce papier est organisée comme suit. La section 2 offre quelques faits stylisés. La section 3 fait un tour d’horizon de la littérature théorique et empirique. La section 4 donne le modèle théorique et empirique. La section 4 fournit les résultats des simulations. La section 5 présente la conclusion.