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PRÉMISSES POUR LA MODIFICATION DE CERTAINS CONCEPTS ÉCONOMIQUES CAUSÉES PAR LA PANDÉMIE DE COVID-19
Premises for modification of selected economic concepts induced by the COVID-19 pandemic

Piotr BANASZYK
Institut de Commerce et d’Économie Internationale, Pologne Piotr.Banaszyk@ue.poznan.pl
ORCID : 0000-0002-9457-3613

Przemysław  DESZCZYŃSKI
Institut Économique et Social, Pologne Przemyslaw.Deszczynski@ue.poznan.pl
ORCID : 0000-0003-2286-3395

Marian GORYNIA
Institut de Commerce et d’Économie Internationale, Pologne Marian.Gorynia@ue.poznan.pl
ORCID : 0000-0002-7633-8249

Krzysztof MALAGA
Institut d’Informatique et d’Économie Quantitative, Pologne Krzysztof.Malaga@ue.poznan.pl
ORCID : 0000-0001-7079-9880

Abstract : The authors of the article put forward a thesis about the need of modification or even revision of the way economic sciences (ES) are practiced in ontological, epistemo- logical and methodological aspects.2 It results from the impact of a series of factors that appeared even in the pre-pandemic period, for which COVID-19 may be a complementary, reinforcing circumstance, and even directly determining change.

The structure of the article was subordinated to the adopted goal, which is the author’s reference to the thesis. As an exemplification of the areas requiring change, eight issues were

selected, for which a set of postulates constituting the desired modifications in conducting research in ES was submitted. The main method used in the study is the method of critical analysis of the literature.

Keywords : economic sciences, economic concepts, economic paradigms, COVID-19 pandemics, evolution of economic sciences, homo oeconomicus, business performance, global supply chain, international competitiveness, essence and measurement of national wealth.

Résumé : Les auteurs de l’article3 proposent une thèse sur la nécessité de modifier la façon dont les sciences économiques (SE) sont pratiquées sous les aspects ontologiques, épisté- mologiques et méthodologiques. Ce besoin résulte de l’influence d’une série de facteurs apparus même dans la période pré-pandémique, pour lesquels la COVID-19 peut être une circonstance complémentaire, renforçant, voire déterminant directement le changement. La structure de l’article est subordonnée à l’objectif adopté qui représente la référence  des auteurs à la thèse. Afin d’illustrer les domaines nécessitant des changements, on a sélec- tionné huit problèmes pour lesquels des postulats ont été présentés. Ces postulats constituent les changements souhaités dans la conduite de la recherche en SE. La principale méthode

utilisée dans l’étude est la méthode d’analyse critique de la littérature.

Mots-clés : sciences économiques, concepts économiques, paradigmes économiques, pan- démie COVID-19, évolution des sciences économiques, homo œconomicus, efficacité com- merciale, chaîne d’approvisionnement mondiale, compétitivité internationale, équilibre économique, essence et mesure de la richesse nationale.

JEL Classification : A10, A11, A12, B1, B2, B4, B5, C1, D6.

Introduction

Le but est de se référer à la thèse sur la nécessité de modifier le paradigme4 actuel des SE. Il s’agit de la soi-disant l’économie dominante et toutes ses implications rayonnant dans toutes les SE. La pandémie de COVID-19 semble être le facteur

critique qui a arrêté le monde et semble être le déterminant direct de la nécessité d’une modification signalée à venir. Bien évidemment, la pandémie n’est pas un seul déterminant de la réévaluation postulée, mais c’est le facteur le plus récent. Changer le monde réel nécessite de nombreuses activités dans, pratiquement toutes, les sphères de l’activité humaine et à différents niveaux. Le changement nécessite également l’inclusion des sphères de la science et de l’éducation. En tant que repré- sentants des SE, les auteurs aimeraient participer à la discussion sur les changements

  • sur ses objectifs, ses fondements, ses mécanismes et ses

Plusieurs exemples de problèmes ont été sélectionnés comme sujet de réflexion pour illustrer la thèse5. Toutefois, le choix qui a été fait n’est ni volontaire ni accidentel, car il fait référence aux intérêts scientifiques des quatre auteurs repré- sentant des spécialisations spécifiques qui sont assez lointaines au sein des SE. Il semble que l’exactitude de la sélection des questions proposées ait été vérifiée, entre autres, par la pandémie, car elles sont clairement présentes dans la dis- cussion sur la COVID-19 dans la littérature scientifique et le journalisme, et de plus, depuis des décennies, elles en font l’objet de sérieuses polémiques dans la littérature économique. Ce sont : l’homo œconomicus, l’agilité commerciale, la chaîne d’approvisionnement mondiale, la compétitivité internationale, l’équilibre économique, l’essence et la mesure de la richesse nationale, la mondialisation et l’économie du développement.

De manière générale, il s’agit de répondre à la question de savoir ce qui change- rait en SE par rapport à chacun de ces enjeux. L’intention des auteurs est de pro- voquer et de déclencher un débat sur ce large éventail des questions économiques importantes, controversées également avant le déclenchement de la pandémie, conduisant éventuellement à l’esquisse d’un programme de recherche modifié sur les SE. Ce programme peut résulter d’une nouvelle interprétation des principales hypothèses ontologiques, épistémologiques, méthodologiques et pragmatiques des SE.

Du point de vue méthodologique, l’article se fonde sur l’utilisation de la méthode d’analyse critique de la littérature du sujet, ainsi que sur la construction d’un ensemble de recommandations normatives relatives aux changements préconisés dans les SE.

1.  Sens de la modification de la réflexion sur les sciences économiques

L’économie mondiale ou nationale est tout simplement trop complexe et dynamique pour être expliquée défi  tivement et pour toujours. Les changements dans le compor- tement des principaux agents économiques et dans l’infrastructure qu’ils sont géné- ralement rapides. Par conséquent, il est surprenant que certaines personnes croient qu’il existe un paradigme principal et universel des sciences économiques. Les SE sont par leur nature plutôt multi-paradigmatiques (Fiedor, 2018, 2019 ; Gorynia, 2019a). L’économie moderne est subordonnée au courant appelé dominant (main- stream), dont les limites sont probablement ambiguës. Dans certains cas, on postule qu’en termes sociologiques ce terme doit être utilisé pour décrire les réalisations de ce que l’on appelle l’élite des économistes, c’est-à-dire les scientifiques les plus appréciés, travaillant dans les meilleures universités. L’orthodoxie économique devient un terme plus rigoureux, discernée pour des raisons intellectuelles et actuel- lement assimilée à l’école néoclassique en économie (Colander, Holt, & Rosser, 2003, p. 5). Cependant, c’est une composante très expansionniste et qui est la plus responsable de ce qu’on appelle l’impérialisme économique », c.-à-d. le désir d’imposer la rectitude exclusive aux autres écoles de pensée, aux autres disciplines scientifiques et même à la pratique non scientifique de l’action humaine (Davis, 2006, pp. 7–8). Néanmoins, cette pensée orthodoxe avec l’école de pensée néo- keynésienne se situe au cœur de la soi-disant nouvelle synthèse néoclassique, qui peut, désormais, être traitée précisément pour des raisons sociologiques comme

un concept courant dominant (Bludnik, 2010).

Selon certains scientifiques, l’économie du courant dominant justifie et elle est responsable de la dévastation environnementale et de la séparation, souvent rencontrée, de la rationalité économique des impondérables éthiques et morales. Les partisans de cette approche ont même obtenu un soutien institutionnel pour la promotion de leurs idées à travers le monde sous la forme du Consensus de Washington comme instruction pour la conduite des responsables du FMI et de la BM. En conséquence, ce qui compte, c’est l’augmentation constante de la produc- tion (mesurée par exemple par la dynamique du PIB) et apportant de plus en plus de valeur ajoutée aux investisseurs (mesurée par exemple par VAE) qui, eux, ont besoin d’une consommation croissante (aujourd’hui au stade de la consommation excessive). En décrivant ces effets différemment, il vaut parler de l’exploitation gaspilleuse fréquemment rencontrée des ressources naturelles (comme base à la production) et la recherche souvent aveugle des emplacements les moins chers pour les usines de production (pour multiplier les profits) ainsi que le marketing déroutant et agressif (privant les consommateurs du droit à la liberté de choix).