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LIBERALISATION DU MARCHE ET INTEGRATION DU MARCHE DU CACAO AU CAMEROUN

Cyrille bergaly Kamdem
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, Université de Yaoundé II-Soa, BP : 1365, Yaoundé, Cameroun
bergaly@yahoo.fr

Résumé : Cet article évalue l’impact de la libéralisation des marchés au Cameroun sur la transmission des prix entre le marché international du cacao et le marché du cacao au Cameroun. Ce papier utilise des modèles de co-intégration et de correction d’erreurs qui sont appliqués aux séries des prix annuels du cacao collectés sur le marché international du cacao et sur le marché du cacao au Cameroun pour la période 1961-2015. Sur plus de 50 années, les résultats montrent qu’il y a transmission du prix du marché international du cacao au marché du cacao au Cameroun. En outre, la libéralisation n’a pas sensiblement amélioré l’ampleur de l’intégration des marchés du cacao à long terme et à court terme. La rapidité de l’ajustement des prix est relativement faible pour la plupart des marchés. Afin d’améliorer l’efficacité du marché, le gouvernement pourrait améliorer le système d’information sur le marché et les moyens de transport dans les zones de production de cacao.

mots-clés : cacao, marché, intégration, prix, libéralisation, Cameroun.

Jel Classification : G14, G18, Q17, Q18.

LIBERALIZATION AND COCOA MARKET INTEGRATION IN CAMEROON

Abstract : This paper evaluates the impact of markets liberalization in Cameroon on prices transmission of between the international cocoa market and domestic market in Cameroon. This paper use the threshold cointegration and the error correction models which are ap- plied on the annual cocoa prices series collected on international cocoa market and on Cameroon’s cocoa market for the period 1961-2015. For over fifty years, the findings show that the transmission of international cocoa prices on cocoa market in Cameroon is not total and imediate. Furthermore, the liberalization has not significantly improved the extent of long-run and short-run cocoa market integration. The speed of price adjustment is relatively weak. In order to improve market efficiency, it is suggested that the government should improve market information system and means of transportation in cocoa production areas.

Keywords : cocoa, market, integration, price, liberalization, Cameroon.

Introduction

Une des préoccupations fondamentales parmi les défis des politiques publiques sur les marchés des produits agricoles d’exportation dans les pays en développement est de savoir dans quelles mesures les prix des marchés internationaux sont transmis dans les marchés locaux dans le cadre de l’intégration des marchés (Wilhelm, 2008). L’analyse de l’intégration du marché cherche à comprendre l’ampleur avec laquelle évoluent les prix entre un marché principal et un marché secondaire géographiquement séparés. Deux marchés liés par la commercialisation du même produit sont dits spatialement intégrés lorsque la différence de prix entre ces deux marchés est égale au coût de transfert  (Baulch, 1997). Un système de marchés est intégré spatialement lorsque les prix sur les marchés répondent non seulement à son offre et à sa demande propre, mais aussi à l’offre et à la demande de l’ensemble des marchés de la zone (Rapsomanikis & Karfakis, 2010). Dans un système intégré, les prix locaux seraient donc plus stables que ceux du système non intégré. C’est l’arbitrage spatial qui génère ces résultats. La condition pour qu’un comportement commercial de ce type fonctionne bien est qu’il faut que le marché soit libre et efficace.

En Afrique, pour améliorer la performance des marchés agricoles, les politiques publiques ont de plus en plus mis l’accent sur le désengagement de l’Etat de la sphère de commercialisation depuis les années 1980-1990. Ce désengagement de l’Etat de la commercialisation agricole rentre dans le cadre de la libéralisation commerciale. Au Cameroun, la libéralisation s’est accompagnée par une redéfinition des mis- sions des structures d’encadrement des producteurs. En ce qui concerne la filière cacao, la libéralisation a débuté en 1991 par la dissolution de l’Office National de Commercialisation des Produits de Base (ONCPB) le 28 janvier 1991, et la créa- tion de l’Office National du Cacao et du Café (ONCC), concomitamment avec le Conseil Interprofessionnel du Café et du Cacao (CICC) le 12 juillet 1991. L’objectif de la libéralisation était de promouvoir l’efficacité des marchés à travers une forte transmission des prix du marché international au marché local qui s’apprécie par l’intégration des marchés (Kamdem et al., 2010).

Le cacao est le premier produit agricole d’exportation au Cameroun avec plus de 279 milliards de FCFA des recettes d’exportation en 2014 (INS, 2017). Avec une production de 211 000 tonnes en 2014, le Cameroun est le cinquième producteur mondial de cacao, après la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et l’Indonésie (ICCO,2015). A peu près 600 000 producteurs cultivent environ 400 000 ha de cacao au Cameroun. Mais, l’augmentation de la productivité du cacao n’est pas toujours suffisante pour favoriser une croissance significative des revenus des cacaoculteurs.

Une des raisons réside dans les prix peu incitatifs aux producteurs de cacao. En effet, l’existence d’un certain nombre de contraintes liées aux coûts de transaction dans la filière de commercialisation affecte de façon considérable le prix reçu par les producteurs. Il en résulte parfois une déconnection entre le prix de marché de référence et les prix aux producteurs.