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EFFETS DE LA CORRUPTION SUR L’ACTIVITÉ BANCAIRE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (AFSS)
Effects of corruption on banking in sub-Saharan Africa (SSA)

Hamidou  SAWADOGO

Université Joseph KI-ZERBO, Institut Burkinabé des Arts et Métiers, Burkina Faso sawmidou@yahoo.fr
ORCID : 0000-0002-1292-6834


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Abstract : This paper analyses the effect of corruption on bank lending activity on a sample of 302 private banks from 25 countries in sub-Saharan Africa over the period 1995 to 2018. Using the generalized moments method, we find a negative effect of corruption on bank credit on the one hand, and a positive effect of corruption on non-performing loans on the other hand. This negative effect is empirically verified even if the heterogeneity linked to membership of a regional economic community in which integration is deep (ECOWAS) and membership of the CFA Franc zone is taken into account. These results suggest that anti-corruption policies are crucial in reducing the negative spillover effects generated by a poor institutional environment on access to bank lending and the quality of bank credit.

Keywords : corruption, bank credit, bad loans, sub-Saharan Africa.

 

Résumé : Ce papier analyse l’effet de la corruption sur l’activité de crédit bancaire dans un échantillon de 302 banques privées reparties dans de 25 pays d’Afrique subsaharienne sur la période1995 à 2018. Des estimations faites avec la méthode des moments générali- sés, il ressort un effet négatif de la corruption sur le crédit bancaire d’une part, et d’autre part un effet positif de la corruption sur les créances douteuses. Cet effet négatif est vérifié empiriquement même si l’hétérogénéité liée à l’appartenance à une Communauté Écono- mique régionale dans laquelle l’intégration est poussée (CEDEAO) et l’appartenance de la zone Franc CFA est prise en compte. Ces résultats suggèrent que les politiques de lutte contre la corruption sont cruciales pour réduire les retombées négatives générées par un environnement institutionnel de mauvaise qualité sur l’accès au crédit bancaire et la qualité du crédit bancaire.

Mots-clés : corruption, crédit bancaire, créances douteuses, Afrique subsaharienne.

Classification JEL : E52, E02, O16.

Introduction

La corruption désigne des pratiques déviantes, voire transgressives, ayant pour but d’obtenir des avantages pécuniaires, politiques, personnels ou autre, en abusant de sa position (Wickberg, 2018). En accord avec cette définition, la Banque mondiale définit la corruption comme étant « un abus de charge publique en vue d’obtenir un avantage privé » (World Bank, 1997). Si la Banque se concentre sur la corruption dans le secteur public, Transparency International l’élargit, en la définissant comme tout « abus des responsabilités conférées à des fins privées ». Chaque année, 1000 milliards de dollars US sont versés en pots-de-vin tandis que quelques 2600 mil- liards de dollars US, soit plus de 5% du PIB mondial, sont détournés (Banque Mon- diale, 2014). Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) estimait en 2010, que dans les pays en développement (PED), le montant des fonds soustraits de leur destination par la corruption était 10 fois plus élevé que celui de l’Aide Publique au Développement (APD) (Vos, 2011). Au regard de son ampleur, la corruption a fait l’objet d’analyses théoriques et empiriques avec des conclu- sions divergentes. Certains auteurs soutiennent qu’elle est un cancer qui gangrène l’économie, en affectant négativement la croissance économique (Mauro, 1995). D’autres par contre voient en la corruption un phénomène qui favorise l’activité économique, en raison de distorsions sur les marchés. Bayley (1966) soutient que la corruption permet d’éliminer certaines rigidités inefficientes telles que les len- teurs administratives ou les règlementations fastidieuses, et incite les agents publics à faciliter les échanges. Elle constitue à ce titre, un moyen efficace de contourner les règles inutiles et contraignantes sur les marchés (Lui, 1985).

Si la corruption est un phénomène mondial, elle est plus endémique en Afrique, notamment dans sa partie sub-saharienne d’après les données de l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Transparence International. Chaque année, cette ONG classe les pays selon une note allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu). Dans son rapport 2019, l’ONG révèle qu’avec un score moyen de 32 sur 100 contre 43 au niveau mondial, l’Afrique subsaharienne (AfSS) est la région la plus corrompue au monde (Transparency International, 2020). Dans la même veine, le Baromètre mondial de la corruption en Afrique a révélé que plus d’une personne sur quatre (28%) ayant accédé aux services publics, tels que les soins de santé et l’éducation, avait versé un pot-de-vin l’année précédente, équivalant à environ 130 millions de citoyens dans les 35 pays étudiés (Pring & Vrushi, 2019). Ce baromètre indique par ailleurs que plus de la moitié des citoyens africains (55%) pensent que la corruption a augmenté dans leur pays au cours des 12 derniers mois, tandis que seulement 23% des enquêtés pensent qu’elle a diminué.

Le secteur bancaire et financier par lequel transitent des flux financiers licites et illicites, est susceptible d’être le réceptacle d’opérations de corruption. Du fait de son ampleur, la corruption est susceptible d’influencer l’activité bancaire et le crédit. Certains auteurs se sont intéressés à la relation entre corruption et crédit bancaire et ont établi un effet négatif de la corruption sur le crédit bancaire, notamment les prêts destinés aux entreprises et aux ménages (Detragiache, Tressel, & Gupta, 2008 ; Weill, 2011a). Toutefois, cet effet négatif de la corruption sur l’activité bancaire n’est pas un axiome mathématique accepté par tous. Dans le secteur bancaire, Fungáčová, Kochanova et Weill (2015) soutiennent que la corruption d’agents bancaires peut faciliter l’accès des entreprises aux prêts bancaires.

Par ailleurs, le secteur bancaire reste faiblement développé en Afrique sub- Saharienne. L’accès aux crédits bancaires est difficile pour les entreprises et les individus, surtout les petites et moyennes entreprises et les individus à faible revenus (Beck & Maimbo, 2013). En outre, les créances douteuses sont élevées et contribuent à rendre le secteur financier et bancaire très vulnérable aux chocs do- mestiques et externes (Mlachila et al., 2016). Plusieurs études antérieures ont déjà exploré les causes du faible octroi de crédit bancaire et du taux élevé de créances douteuses en Afrique subsaharienne (Omotunde, 2020 ; Beck & Maimbo, 2013 ; Applegarth, 2004), mais il n’existe pas encore d’étude sur le rôle potentiel que la corruption pourrait jouer sur cet constat alarmant dans le secteur bancaire et financier en Afrique. Cette étude vise à combler ce gap dans la littérature. En effet, la corruption peut entrainer une inefficience dans l’allocation des crédits bancaires dans la mesure où les individus les plus corrompus peuvent être les principaux bénéficiaires des crédits bancaires au détriment d’autres personnes. Aussi, si les crédits sont octroyés aux plus corrompus qui ont des réseaux et non basés sur la qualité de leurs projets, cela pourrait résulter en des difficultés de remboursement et ainsi une hausse des créances douteuses.

L’ampleur de la corruption en Afrique subsaharienne et les résultats contrastés de son effet sur l’activité bancaire suscite une interrogation. Ainsi, quel est l’effet de la corruption sur le crédit bancaire en Afrique subsaharienne ? Plus spécifiquement, il s’agira de répondre aux questions suivantes : Quel est l’effet de la corruption sur la quantité de crédit bancaire en Afrique subsaharienne ? Quel est l’effet de la corruption sur la qualité du crédit bancaire ? L’objectif de cet article est d’évaluer l’effet de la corruption sur l’activité de crédit des banques en Afrique subsaharienne. A cet égard, deux hypothèses sont émises : (i) le niveau de corruption affecte néga- tivement le taux de croissance du crédit bancaire en Afrique subsaharienne ; (ii) le niveau de corruption agit positivement sur le taux de croissance des créances douteuses des banques en Afrique subsaharienne.

Le présent papier est organisé en quatre sections. A la suite de l’introduction, la seconde section aborde la revue de littérature théorique et empirique. L’approche méthodologique fait l’objet de la troisième section. Les résultats empiriques sont présentés et discutés dans la quatrième section. Une dernière section conclut et propose des implications de politiques économiques.

1.  Revue de littérature

Cette section présente, dans une première sous-section, les arguments théoriques sur la relation entre la corruption et l’activité de crédit bancaire. La deuxième sous- section est consacrée aux principaux travaux empiriques ayant étudié l’effet de la corruption sur l’activité de crédit bancaire.

 

1.1.  Corruption et crédits bancaires : une analyse théorique

Le lien entre la corruption et l’activité bancaire d’octroi de crédit se rattache au corpus théorique des conséquences économiques de la corruption. A cet égard, deux théories s’opposent. Des auteurs comme Leff (1964) et Huntington (1968) voient en la corruption, un facteur qui lubrifie ou huile les rouages de l’activité économique et par ricochet améliore l’efficacité économique. Cette thèse est connue dans la littérature sous l’appellation grease the wheels view. En revanche, les par- tisans de la thèse adverse, la sand the wheels, view soutiennent que la corruption grippe ou sable les rouages de l’économie et est de ce fait, un obstacle à l’activité économique (Mauro, 1995).

La grease the wheels view est basée sur l’idée que la corruption permet aux entrepreneurs de contourner les rigidités et les lourdeurs administratives et d’éviter des retards inutiles. De ce fait, elle est source d’efficacité économique (Leff, 1964 ; Huntington, 1968). Dans le secteur bancaire, la sélection adverse occasionne un rationnement du crédit alloué aux agents économiques (Stiglitz & Weiss, 1981). Cependant, la corruption peut améliorer la flexibilité du processus d’octroi du crédit en facilitant un graissage du mécanisme, accroissant ainsi le volume de prêt octroyé (Acclassato, Aga, & Eggoh, 2010). Pour ces auteurs, la corruption favorise le prêt bancaire en améliorant la relation entre l’emprunteur et le banquier. Si l’emprunteur

« motive » le banquier, ce dernier peut accepter de faire des heures supplémentaires pour accélérer le traitement du dossier de crédit. Dès lors, la corruption peut être perçue comme un lubrifiant de l’activité de crédit.

L’hypothèse de l’effet négatif de la corruption sur l’activité bancaire passe par trois canaux essentiels : le coût du crédit, les asymétries d’information et l’appli- cation de la loi. En effet, la corruption peut être considérée comme un obstacle au financement bancaire de l’activité économique, car elle agit comme une taxe qui augmente le coût du prêt pour l’emprunteur (Weill, 2011a ; Ali, Fhimab, & Nouira, 2020). En outre, les entreprises opérant dans un environnement où la corruption est endémique sont moins transparentes et plus enclines à adopter des comportements non conformes à l’éthique (Bermpei, Kalyvas, & Leonida, 2020). En agissant de la sorte, elles amplifient les asymétries d’information sur le marché du crédit mises en exergue par Stiglitz et Weiss (1981), décourageant du même coup les banques

de fournir du crédit. Cette situation occasionne une réduction du crédit bancaire. En présence des asymétries d’information, les porteurs de projets à rentabilité et risques moyens seront rationnés. Ce rationnement conduit à une baisse de la quantité de crédit bancaire et à une baisse de sa qualité. De même, comme le sou- ligne Weill (2011b), la corruption, en entravant l’application de la loi qui favorise la volonté des banques de prêter, constitue un frein aux prêts bancaires. Dans la même veine, dans un environnement des affaires marqué par la corruption et la fragilité de l’état de droit, la protection des droits de propriété des investisseurs et la capacité à faire respecter les contrats, notamment à mobiliser les garanties associées à un crédit, sont faibles (Guérineau & Jacolin, 2014). Un tel contexte désincite les banques à rechercher de nouveaux clients et par conséquent limite le crédit ban- caire. Dans cette optique, Beck, Demirguç-Kunt et Levine (2006) soutiennent que dans un environnement empreint d’une forte supervision bancaire, les entreprises ont plus de difficultés à obtenir des crédits en raison du comportement corrompu des banquiers.

Si théoriquement, l’effet de la corruption sur l’activité bancaire peut être à la fois positif et négatif, qu’en est-il des travaux empiriques ?

 

1.1.  Lien entre corruption et l’activité de crédit : une revue empirique

L’effet de la corruption sur l’activité bancaire, en l’occurance, l’activité de crédit a fait l’objet d’investigations empiriques. Ces travaux empiriques valident les deux thèses en présence.

La thèse suivant laquelle la corruption accroit le crédit bancaire est validée empiriquement par certains auteurs (Fungáčová, Kochanova, & Weill, 2015 ; Wei

& Kong, 2017 ; Song, Chang, & Gong, 2020). Fungáčová et collaborateurs (2015) par exemple évaluent l’incidence de la corruption des agents bancaires sur le ratio d’endettement bancaire des entreprises de 14 pays en transition et valident le rôle lubrificateur de la corruption. En effet, les auteurs trouvent que celle-ci favorise l’accès des entreprises au crédit bancaire. Ce résultat est corroboré dans une étude de cas Chinois où Wei et Kong (2017) montrent que plus le niveau de corruption est élevé, plus les entreprises y obtiennent des prêts bancaires. Il est également en accord avec le résultat des travaux de Song et collaborateurs (2020). Ces auteurs trouvent que la corruption favorise le développement financier dans les pays en développement. En accord avec ces résultats, Ahlin, Lin et Maio (2011), en ana- lysant les données de 373 institutions de microfinance réparties dans 74 pays, montrent qu’une corruption plus faible est liée à une forte croissance du nombre d’emprunteurs. L’effet positif de la corruption sur le crédit bancaire peut aussi être analysé sous le prisme de la connexion entre les entreprises et les milieux politiques. Khwaja et Mian (2005) soutiennent que les chefs d’entreprises qui sont politique- ment connectés, en raison de la caution politique, sont vus comme étant crédibles

auprès des banquiers. Ce faisant, les entreprises ayant des connexions politiques ont un accès facilité au crédit bancaire. En menant une investigation empirique sur des entreprises établies au Pakistan, les auteurs montrent que les entreprises politiquement connectées ont des crédits bancaires de 45% de plus que celles qui n’ont pas de connexions politiques, même si elles ont des taux de défaut de 50% de plus. Ainsi, la confiance induite par la connexion politique alimente la corruption et facilite l’accès au crédit par les entreprises politiquent connectées, ce qui in fine, affecte positivement la quantité des crédits bancaires octroyée.

Si ces travaux corroborent l’hypothèse d’un effet positif de la corruption sur le crédit bancaire, d’autres auteurs par contre ont mis en évidence un effet négatif. Dans cette vague, Weill (2011b) analyse l’effet de la corruption sur le crédit ban- caire. En utilisant des données micro et macro, il montre que la corruption réduit le crédit bancaire aussi bien dans un échantillon mixte que dans des échantillons de pays développés et en développement pris séparément. La conclusion suivant laquelle la corruption réduit le crédit bancaire est établie par l’auteur dans les cas russe en utilisant des données microéconomiques (Weill, 2011a). En prenant appui sur un échantillon de 2848 entreprises en Chine, Liu, Li et Guo (2020) montre qu’un faible niveau de corruption augmente l’accès des entreprises aux prêts bancaires, alors qu’un niveau élevé de corruption empêche les entreprises d’obtenir des prêts bancaires. Cette conclusion est partagée par une étude portant sur les Etats Unies qui a révélé que la corruption au niveau locale exerce un effet négatif sur l’activité de prêt des banques américaines (Bermpei et al., 2020). Ce résultat est en phase avec celui établi par Detragiache, Tressel et Gupta (2008) qui ont trouvé que la corruption est négativement associée au crédit bancaire accordé au secteur privé dans les pays à revenus faible et intermédiaire. Il est également en accord avec celui de Qi et Ongena (2018) qui ont montré dans une étude portant sur des entreprises des pays en transition d’Europe, des États baltes et du Caucase que l’accès au crédit est plus limité pour les entreprises fréquemment impliquées dans des pratiques de corruption. Des résultats similaires ont été obtenus par Wellalage, Locke et Samujh (2020) dans le cas des petites et moyennes entreprises (PME) en Inde. Les auteurs montrent que la corruption dans les PME est préjudiciable à leur accès au crédit. Dans une autre étude sur les PME des pays de l’Asie du sud, les auteurs rapportent que la corruption a un effet négatif sur leur accès au crédit (Wellalage et al., 2019). Plus précisément, la corruption augmente la probabilité de contraintes de crédit des PME de 7,63%. La corruption désincite également la demande de crédit bancaire. Dans cette optique, Galli, Mascia et Rossi (2017) rapportent dans une étude portant sur 11 pays d’Europe que les micros, petites et moyennes entreprises renoncent d’autant plus à demander des crédits bancaires par crainte de rejet que le niveau de corruption est élevé.

Dans le même ordre d’idée, Ali et collaborateurs (2020), à partir de l’analyse des données de 38 pays sur la période 2000–2017, conclut que la corruption induit une augmentation du taux d’intérêt bancaire. Cet accroissement se traduit par un attrait des emprunteurs dont le profil risque est très élevé, augmentant les prêts non performants et induisant donc une probabilité plus élevée de crises bancaires. Une analyse des données de 76 pays sur la période 2002–2004 révèle que la corruption affecte l’allocation des fonds bancaires aux projets (Park, 2012). Les projets de mauvaise qualité sont privilégiés au détriment des projets de bonne qualité, aug- mentant ainsi les créances douteuses dans le secteur bancaire. Dans cette veine, Goel et Hasan (2011) montre à partir d’une analyse économétrique des données de 100 pays au cours de l’année 2007 qu’un niveau élevé de corruption est associé à une augmentation des créances douteuses. Dans le même ordre d’idée, Son, Liem et Khuong (2020) explorent l’effet de la corruption sur le secteur bancaire et la crois- sance économique dans un échantillon de 120 pays sur la période 2004–2017. Ils montrent que la corruption conduit à des niveaux plus élevés de prêts improductifs dans le secteur bancaire, détériorant ainsi sa solidité.

En somme, il ressort de cette revue de littérature que la nature du lien entre la corruption, la quantité et la qualité du crédit bancaire reste un débat théorique et empirique ouvert. De même, les études empiriques menées sur les pays d’AfSS, à notre connaissance restent limitées. Or, cette région est gangrénée par la cor- ruption, mais a aussi besoin d’un financement bancaire qualitatif et quantitatif pour asseoir un secteur privé dynamique, innovant et compétitif pour son déve- loppement. Ce faisant, ce papier évalue empiriquement l’effet de la corruption sur la quantité et la qualité du crédit bancaire pour combler ce gap. Cette évaluation empirique nécessite une méthodologie adaptée. C’est l’objet de la section suivante.