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ÉCONOMIE AU XXIe SIÈCLE

Marek Ratajczak
Université des Sciences Économiques et de Gestion de Poznań
La Chaire de Macroéconomie et des Études sur le Développement
marek.ratajczak[AT]ue.poznan.pl

 

Résumé : La crise, dont le début conventionnel est identifiée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, a contribué à la réactivation du débat sur l’état des sciences économiques et spécialement au sens d’une science qui découvre et crée les fon- dements théoriques de la politique macro-économique. Une grande partie des participants à cette discussion a commencé à mettre un signe d’identité entre la crise économique et la crise de l’économie en tant qu’une science. L’objectif du rapport est la réflexion sur les changements necessaires au sein de l’économie afin d’améliorer sa capacité à la fois explica- tive et prédictive. Pourtant, afin de formuler un répertoire des changements souhaités dans l’économie il était indispensable d’abord de caractériser brièvement l’économie moderne, qui peut être définie comme la plus exacte des sciences parmi les sciences non-exactes.

Mots-clés : la crise économique, la crise de l’économie, méthodologie économique.

JEL Classification : B29, B40.

 

ECONOMICS IN THE XXI CENTURY

Summary : The last crisis – which official beginning has been Lehman Brothers Bank’s collapse at September 2008 – started a new stage of discussion on economics. Discussion especially concerns economics as a science which try to develop theoretical fundaments off macroeconomic policy. Important part of discussion’s participants look economic crisis as crisis of economics too. Paper’s goal is to present necessary changes to make economics better as a science in sense of better explanation and better prediction. Paper’s first part is presentation of contemporary economics as the most exact science among inexact sciences.

Keywords : economic crisis, the crisis of the economics, methodology of economics.



Introduction

La crise, dont le début conventionnel est identifiée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, a contribué à la réactivation du débat sur l’état des sciences économiques et spécialement au sens d’une science qui découvre et crée les fondements théoriques de la politique macro-économique. Une grande partie des participants à cette discussion a commencé à mettre un signe d’identité entre la crise économique et la crise de l’économie en tant qu’une science. La discussion sur l’état de l’économie contemporaine se caractérise par une polarisation considérable des positions. Les positions extrêmes ce sont d’une part, les opinions qui peuvent même être traitées comme une expression de l’anti-économisme contemporain, d’autre part, c’est quelque chose qui peut porter le nom du triomphalisme économique.

L’anti-économisme est une négation de l’utilité et du caractère scientifique de l’économie voire l’accusation (en fait, pas tellement de l’ économie elle-même que des économistes ) de contribuer à la création ou à la croissance des phénomènes sociaux négatifs issus du lancement des concepts injustifiés.

L’anti-économisme moderne prend rarement l’aspect extrême qui conduirait à la négation du statut scientifique de l’économie. L’anti-économisme moderne représente plutôt une tendance à remettre en question une certaine manière de percevoir et d’analyser les phénomènes économiques caractéristiques, une perception représentative notamment de l’économie du courant dominant.

Le triomphalisme économique est une propension de certains économistes à se croire supérieurs aux représentants d’autres sciences sociales et de présenter les réalisations de leur science exercée comme si elles avaient des dimensions comparables aux résultats obtenus dans le cadre des sciences exactes. Le triomphalisme économique constitue également une croyance à la fin de l’histoire économique liée à l’effondrement des économies centralement planifiées et à l’universalité des solutions de l’économie de marché.

Tout en rejetant tant l’anti-économisme que le triomphalisme économique, il convient de réfléchir si et quels changements devraient avoir lieu au sein l’écono- mie afin d’améliorer sa capacité à la fois explicative et prédictive. Pourtant, afin de formuler un répertoire des changements souhaités dans l’économie il est indispen- sable d’abord, selon l’auteur, de caractériser brièvement l’économie moderne, qui peut être définie comme la plus exacte des sciences parmi les sciences non-exactes.

  1. L’économie en tant qu’une science

L’économie est une science :

–  sociale, non-exacte (« Inexact science »), empirique, plutôt idiographique que

nomothétiques (possibilités limitées d’identifier les droits et de créer les théories « dures ») où l’on rencontre des problèmes typiques de prédiction associés aux sciences sociales;

–  pas tout à fait clairement définie : d’un côté un approche dérivée de la tradition de l’économie classique et des formulations utilisées dans le titre de l’œuvre fon- damentale d’Adam Smith; une tentative de définir les limites est essentielle pour ce qui devrait constituer un champ de recherches de l’économie d’un autre une conception canonique lancée par Lionel Robbins et sa définition de l’économie comme « Science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs »; la tentative de définir la nature des faits à caractère économique est essentielle pour cette approche;

–  présentée parfois en tant que reine des sciences sociales, qui accentue son statut d’ «une science véritable » (Nobel économique), à laquelle on attribue les ten- dances impérialistes et même la contamination par l’autisme;

–  qui est de temps en temps (surtout pendant les périodes de l’aggravation des problèmes en économie) un objet des évaluations extrêmes, même parmi les économistes eux-mêmes;

–  divisée entre la tradition positiviste et déductive dominante (déduction, ra- tionalisme a priori, positivisme), et la tradition d’historicisme et d’empirisme (empirisme, raisonnement a posteriori, raisonnement inductif, normativisme);

–  fortement et, selon certains, trop mathématisée;

–  hiérarchisée et à pluralisme limité (orthodoxie versus hétérodoxie, économie du

courant dominant versus économie alternative), dans laquelle une rhétorique

joue un rôle important;

–  dans son courant dominant, appuyée sur les renvois au modèle scientiste de la

science (paradigme déterministe et mécaniste) et défendant la prétendue « Sainte

Trinité » (rationalisme, équilibre, avidité), et accusée de « péchés » associés en partie

à la prétendue « physics envy » c’est-à-dire « envie de physique » bien qu’une telle

physique, de facto, n’existe plus aujourd’hui; les plus importants de ces péchés sont :

  • domination du souci d’une précision et d’une élégance formelles, associée à

l’emploi des mathématiques, sur l’analyse comme telle, notamment du point

de vue de valeurs mathématiques d’application;

  • tentative de créer de l’économie une science plus proche de l’aperçue des

sciences formelles ou sciences exactes que des sciences idiographiques et

sociales;

  • une vision simpliste de l’homo sapiens (homo oeconomicus) et une vision

d’un monde sans institutions;

–  assez clairement répartie en économie du « laboratoire » : très sophistiquée,

formalisée, compliquée et dificille à comprendre par les « non-spécialistes » et

économie « pop » (populaire) : simple et facile, outilasant la langue populaire

mais avec une tendance a donner des reponses simplistes ou même vulgaires à

des questions énormément difficiles et complexes de la vie économique.